Angola Mon 11-10-2010
By Simao Souindoula | AfricanColours.com
C’est l’appréciation que l’on peut faire à la lecture du sympathique catalogue de la sixième édition de la Coopearte, publication, en quadrichromie, qui vient d’être éditée a Luanda par la dynamique galerie Celamar, sous une vigoureuse synthèse introductive de l’historien et critique d’art, Simao Souindoula,
L’album a bénéficié du soutien de la Fondation Art et Culture, de la compagnie pétrolière Total et de la Banque de Développement d’Angola.

Untitled by Marcella Costa
S’étalant sur 74 pages, le recueil restitue la substance plastique de l’exposition de l’atelier groupe, la liste de la centaine des artistes participants, leurs portraits photographiques suivis de courts rappels de leurs parcours professionnels et de reproductions de leurs œuvres.
La mémorable cérémonie de vernissage est rendue avec la prestation de l’égérie - musicienne ilienne Tunicha Miranda, qui, cette fois-ci, est revenue, a l’organologie traditionnelle se faisant accompagner par du reco-reco et du bon vieux accordéon, plantant, ainsi, la respectable rebita.
Elle a été, naturellement, soutenue par un trio percussionniste, inattendu, celui constitue de bessanganas, ces vénérables mamas, héritières de la grande culture de l’ile aux nzimbu et de l’étonnant groupe féminin de batteurs de tam-tam de la galerie.
Le catalogue contient, aussi, des reproductions de quelques scènes de prestation du groupe de théâtre Mona Mwazanga.
La lecture du rétablissement anthologique dégage, donc, étonnamment, quelques lignes de cohérence thématique, malgré le caractère ouvert de l’atelier, et cela, au-delà du vaste déploiement technique enregistré, dans des domaines et exercices tels que ceux lies aux diverses modalités de la peinture, utilisant l’huile, l’acrylique ou le sable mais aussi l’assemblage tisse, l’impression textile, la taille sculpturale sur bois, le scelle sur fer, le montage céramique, le maniement du papier mâché, la bande dessinée, la photographie primaire ou digitale.
Ces axes de convergence s’articulent sur des sujets, bien existentiels tels que l’ambivalente permanence des traditions dans la modernité, l’inévitable sublimation de la femme, l’exhalation de la beauté de la Dame Nature et l’ensemble des stressantes hantises contemporaines.
Définitivement incrustées dans l’héritage anthropologique du pays, les traditions se sont, naturellement, invites à la sixième Coopearte.
Tchinje, peintre en fonction au Musée National d’ Anthropologie, forme en sculpture, mais, préférant, visiblement, la peinture, les évoque dans ses toiles vermeilles, sous une influence, inévitable, des mukixi et des sona du riche Levant angolais.
CORAIL
Cet orient ou Marcela Costa, l’initiatrice de l’incubateur plastique de l’ile du Cabo, empruntera, une fois encore, divers éléments iconographiques, en tissant une véritable œuvre d’anthologie.
Les pictogrammes lunda inspireront, également, des peintres tels que Piranha et Dianingama.
Originaire de la region, le respectable Kenga offre un tableau clouant un couple de reliquaires, sous un encadrement, vertical, en zigzag, ainsi que son « fils », Munghai, qui a scelle un buste, naturellement, scarifie.
L’astucieux Van, le Directeur de l’Institut National de Formation Artistique, garde le pictogramme du pays de Tchibinda Ilunga, en dégageant sa symbolique anthropologique, en la convergeant aux croyances chrétiennes.
Se libérant du pesant Empire luba-lunda, l’excellent peintre Francisco Makulundu fournit un trio éclatant intégrant divers éléments traditionnels, dont des masques contemporanises, dans le même sillage que Nzangela.
Mak entraine bien le jeune Geovane qui essaie de donner une nouvelle expression aux masques anciens.
« L’origine du monde » est soumise, elle aussi, a un traitement écarlate, dans une composition inspirée du grand Malangatana Valente, dans deux œuvres du jeune peintre Alves Manuel, façonné dans l’ atelier Susumuka de l’ autre « mozambicain », Fernandes Nunes.
Geovani, peintre originaire de la Province du Kwanza Nord, propose, également, une composition de même facture, semi-rougeâtre, rappelant le maitre de la contre- cote. Capita et Kapitango, pinceau venu de Huambo, et Leda da Conceicao, suivent le même registre.

Untitled by Marcella Costa
Le corail est aussi préféré par le toujours abstrait Don Sebas Cassule, qui a propose a l’expo, une toile plantant un rituel coutumier.
Les croyances hydrogoniques , inévitables, dans le contexte d’ inspiration ilien, ont été fixées par le peintre-poète Nok Nogueira, mais aussi, par l’ afro-cubain Ivan Gonzalez Delgado, dans une persistante cristallisation du terrible « Captive Passage ».
Suivant une ligne d’inspiration assez classique, Paolo Yoka présente deux peintures sablées, illustrant quelques supports de l’organologie traditionnelle alors que Dito, dans une taille semi-figurative, éternise leur maniement, dans un frappant multi-montage.
Quant à Mudilu, celui-ci met en relief l’importance des poteries dans la vie quotidienne rurale.
CONTENANCES
Grande thématique de l’art, la femme est magnifiée dans ses attitudes corporelles et ses expressions gestuelles bien suggestives.
L’on y retrouve les femina gracieuses ou celles, opportunément, bien épanouies, attendant des événements heureux, dans les toiles de l’excellent Ngiandu Kapela ; les contenances reposées de Nsimba Diongo, les corps somptueux de Miala Gika Binanga, les attitudes bien suggestives de Jose Ventura ou de Tumona. Bonne pédagogue, Vanda rappelle les pouvoirs vampiriques des Belles de Nuit.
Les braves zungueiras marchandes ambulantes, l’ un des champs d’ inspiration majeur de la peinture contemporaine angolaise, sont, naturellement, fixées dans les compositions de Massala Tembo, Panzo, Nzimbula,
Les femina sont aussi robotisées, notamment, par le pair Sabby/ Kussy et bien mises en valeur par les gravures, perçantes, de Bogalho.
Cette sublimation esthétique est atteinte par Bangui, dans une de ses toiles, composée dans une stylisation ouvertement hardie, dans la filiation de Kenga et mais également, par Kintara Nkulu un vrai expressionniste de l’impulsion.
Les formes féminines ou les accouplements sont, évidemment, scellées, dans les sculptures et les céramiques.
Ainsi, Ndongala Kiala dégage des beaux volumes en agrégat ou entrelacs, a l’instar de l’attachant Pedro Hospital, artiste descendu des Plateaux Centraux, qui a exécuté, inespérément, une sculpture faite d’ecorce de palmier, figurant, juste, un demi-corps femina. Cette œuvre restera une référence…
Le retentissant Mayembe Meto ne pouvait rester insensible aux ndumba, il a laisse a la rue Mortala Mohammed, trois sculptures caractérisées par ses habituelles arabesques, pleines de grâces. Cette expression est complétée par son frere de la province du grand fleuve, Zingila.
Authentique maitre de l’argile, Kavunuako a brise les canons classiques en stabilisant, génialement, une femme, future mère. La sage Claudina a, quant a elle, opter pour un buste, plus classique, mais évidemment, généreux.
Ces cheminements d’essence collective sont admirablement complétés par les sentiers, en solo, de la sculpture sur fer patine du veteran Fernando da Vinha, la peinture abstraite de l’ingénieuse autodidacte Le, celle de la décoratrice Nair Vieira, formée aux arts visuels, en Afrique du sud et en Namibie, enfin, celle, de Pedro Tchivinda et des étudiants Bambo et Prudencia Margareth.
L’on y remarque, également, la puissante peinture surréaliste de Paulo dos Santos, le superbe bas-relief de Makiadi Mawanda, la sévère et très ouvrière installation de Yassoma, le papier mâché de Paulino Damiao, l’ exemplaire Cinquenta, vétéran - photographe du Jornal de Angola, qui utilise le papier du quotidien, dans la reconstitution de ses masques très frétillants.
Suivent, aussi, en thématique solitaire, la toile « Caravane d’esclaves » de Vargas Mateus de Sousa, bel exemple du façonnage d’un art de mémoire.
Interroge sur l’importance de la substance de ce catalogue, Simao Souindoula a assure qu’il reflétait le profil de la créativité plastique, actuelle, en Angola, et dont la principale caractéristique est son solide enracinement dans l’héritage anthropologique, millénaire, du pays.
La poursuite du programme Coopearte est donc nécessaire car elle permet d’apprécier et de corriger, régulièrement, l’évolution des tendances techniques et thématiques de cette dynamique artistique, cela, afin d’éviter que le pays de Tchibinda Ilunga, ne puisse sombrer, graduellement, corps et âme, dans l’actuelle et implacable uniformisation culturelle, qui s’est puissamment accélérée, ces dernières années, a l’échelle planétaire.
Posted By: Hirum Ndungu
Artists Portfolios
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Featured Artist Portfolio
Title: Maasai 1
Name: Maria Onyegbule
Country: Nigeria 
Medium: Acrylic on Canvas
Size: 100cmx100cm
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